À la découverte d’un talent engagé !

Cette semaine Time For Afrika est allé à la rencontre d’un jeune artiste africain. Les échanges avec le talentueux portraitiste ont porté sur ses motivations pour l’art du portrait et la musique, ses réalisations, les difficultés qu’il rencontre dans ses activités d’artiste, son inspiration, ainsi que ses projets futurs.

Crédit photo : Tekart

Stéphane pour Time For Afrika : Bonjour l’artiste, pouvez-vous vous présenter s’il vous plaît ? Nom et prénoms à l’état civil ainsi que votre nom d’artiste.

Tekart : Bonjour Time For Afrika, mon nom est Foly Têko Ayao à l’état civil et mon nom d’artiste est : Tekart.

Stéphane pour Time for Afrika : Pourquoi la musique et l’art ?

Tekart : La musique  et l’art parce que j’ai beaucoup de choses à dire, et je me dis que le dessin seul ne suffit pas, il serait mieux d’ajouter la musique,  car selon moi il y a des gens qui ne s’intéressent qu’à la musique et non à l’art. Il faut que les sourds voient et que les aveugles entendent. 

Stéphane pour Time For Afrika : À quel moment de votre vie est née cette passion pour l’art et la musique ?

Tekart : À l’âge de 6 ans je m’intéressais déjà à l’art à travers les dessins à l’école, et plus tard à la musique.

Stéphane pour Time For Afrika : Vous vous définissez comme artiste portraitiste,  cela consiste à faire quoi concrètement ?

Tekart : Cela consiste à représenter l’image des humains, des animaux, de la nature ou d’un bien, sur papier toile ou mur. Personnellement je me consacre beaucoup plus ces dernières années aux portraits humains parce que cela me fascine le plus et aussi car selon moi, le portrait humain est le plus difficile mais je suis excellent dedans puisque j’ai ce don.

Stéphane pour Time For Afrika : Pourquoi aviez-vous décidé de vous lancer dans l’art ?

Tekart : Je me suis lancé dans l’art à cause de la passion, la motivation des proches, et l’argent que ça génère après un travail réalisé…(rires).

Stéphane pour Time For Afrika : Avez vous été confrontés aux difficultés au début ? Si oui lesquelles ?

Tekart : Oui j’étais confronté aux difficultés financières au début, parce qu’il fallait acheter du matériel pour travailler.

Stéphane pour Time For Afrika : Cela fait combien d’années que vous êtes artiste professionnel ?

Tekart : Plus de 10 ans déjà, bientôt 15 ans.

Stéphane pour Time For Afrika : Pouvez-vous nous dire où vous puisez votre inspiration pour travailler ?

Tekart : (rires), ça dépend, il y a beaucoup de choses qui m’inspirent, ça dépend du contexte, mais y a certaines personnalités qui m’inspirent immodérément : comme Thomas Sankara, Muhammad Ali, Nelson Mandela, Ibrahim Traoré etc…

Stéphane pour Time For Afrika : Toutes ces personnalités sont engagées pour des causes, cela illustre alors votre côté : artiste engagé ?

Tekart : Effectivement, je m’intéresse à leurs causes autant qu’eux.

Stéphane pour Time For Afrika : Ah, j’ai même remarqué que vous avez réalisé le portrait de certaines de ces personnalités dans votre showroom !

Tekart : En effet, il y a certains, leurs paroles resteront gravées dans nos mémoires.

Stéphane pour Time For Afrika : D’accord, est-ce qu’il y a des projets réalisés par vous-même qui vous tiennent à cœur ?

Tekart : Oui, il y en a plusieurs. J’ai participé à la réalisation de la fresque murale de Cotonou (considérée comme le plus long mur graffé d’Afrique) lors de l’Effet Graff 8ième édition en 2022 en hommage aux Amazones du Dahomey. En 2024, j’étais invité au Graff Ivoire 1ère édition à Abidjan en Côte d’Ivoire où on a été hébergé dans le prestigieux établissement hôtelier du sofitel ivoire, avec la découverte de la localité très prisée d’Assinie, et même des artistes musiciens étaient présents comme Didi B,..etc. C’était une belle expérience.

La fresque murale en hommage aux musiciens togolais réalisée à kodjoviakopé fait partie aussi de mes coups de cœur. Les fresques murales dans mon quartier de Nyekonakpoe (j’ai réalisé des fresques murales un peu partout dans mon quartier) sont également sur la liste de mes préférées. Et aussi la fresque murale d’Agbodrafo lors du Festival Désenchainés en 2023 est exceptionnelle.

Stéphane pour Time For Afrika : Y’a t’il des projets auxquels vous aviez participé au profit d’un organisme ?

Tekart : Oui, j’en ai réalisé beaucoup : Fresque au niveau de l’École primaire Charles de Gaulle de Lomé, Fresque et animation d’un atelier de dessin solidaire Femmes du Monde, Projet PARTAGE Togo avec VTR Nantes à Kpalimé et Lomé, en 2023, Fresques UNIPOD du PNUD à l’Université de Lomé en 2024, Fresque murale et animation d’atelier pour l’Ambassade des États-Unis à Lomé en 2024 etc.

Stéphane pour Time For Afrika : Quels sont les éléments ou les matières que vous utilisez lorsque vous travaillez ?

Tekart : Acrylique, pinceau, bombe spray , stylo, Toile ( pagne-canvas ).

Stéphane pour Time For Afrika : Vous aimez travailler le jour ou la nuit ?

Tekart : Le jour comme la nuit, ça dépend des travaux à faire et l’effet des couleurs escompté.

Stéphane pour Time For Afrika : Pouvez-vous nous dire si vous arrivez à vivre uniquement de l’art aujourd’hui ?

Tekart : Oui, je ne vis que de ça, si je ne fais pas des portraits, alors j’écris des textes. Ça me tente de faire autre chose que ça mais j’y arrive pas (rires).

Stéphane pour Time For Afrika : Quelles sont les difficultés que vous rencontrés aujourd’hui dans l’exercice de vos activités d’artiste ?

Tekart : Il y a les difficultés financières. J’ai envie de faire des portraits sur tous les murs dans mon quartier à Nyekonakpoe mais ça manque de moyens pour acheter du matériel. Des fois aussi, je reçois très peu de contrats.

www.tekartfoly.com

Stéphane pour Time For Afrika : Est-il possible de vivre de son art en Afrique ?

Tekart : Je n’ai pas fait le tour de l’Afrique pour savoir si les artistes vivent bien de leur art dans la majorité des pays du continent, mais je pourrais dire que ce serait difficile de vivre uniquement de son art en général en Afrique puisque les contraintes sont nombreuses sur le continent. 

Stéphane pour Time For Afrika : C’était quoi votre plus gros contrat dans l’exercice de votre activité ?

Tekart : Mon plus gros contrat jusqu’alors c’était la réalisation des portraits sur mur pour le projet Unipod du PNUD au sein du campus de l’Université de Lomé. J’avais gagné 2 millions FCFA pour ce contrat.

Stéphane pour Time For Afrika : Avez-vous des projets futurs Tekart ?

Tekart : Oui, j’ai envie de fonder un peu partout en Afrique dans le futur, des écoles de beaux arts où l’enseignement sera focalisé sur les portraits.

Stéphane pour Time For Afrika : Parfait, c’est un bon projet. Si vous devez choisir un mot pour définir votre art, ce serait lequel ?

Tekart : Un mot ? Je dirai « partage ».

Stéphane pour Time For Afrika : Ayao Teko Foly alias Tekart, merci de nous avoir accordé votre temps pour ces échanges. Au nom de Time For Afrika, je vous dis merci.

Tekart : Merci Stéphane, merci Time For Afrika !

Retrouvez les œuvres inédites de Tekart, sur son site officiel : https://www.tekartfoly.com/

Chers lecteurs, à très bientôt pour découvrir de nouveaux talents. Vous avez un talent ou vous en connaissez un ? Parlez en avec nous via nos contacts.

1 réflexion sur “À la découverte d’un talent engagé !”

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *